Les politiques publiques doivent être construites avec les personnes directement concernées.
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Entretien avec Aglaia Orfanidou, cofondatrice de She Tells
Comment transformer les récits de vie en leviers de changement politique ? C'est le pari de She Tells, une organisation grecque fondée et dirigée par des jeunes femmes qui œuvre pour l'inclusion des personnes réfugiées et migrantes à travers l'éducation, le storytelling et le plaidoyer. À l'occasion du Youth Action Lab, She Tells a collaboré avec Photofilm for Change afin de renforcer la participation des jeunes aux politiques publiques. Aglaia Orfanidou revient sur les enseignements de cette expérience et partage sa vision d'une coopération qui place les premiers concernés au cœur des décisions.
Pouvez-vous nous présenter She Tells et les enjeux auxquels votre organisation répond ?
She Tells est une organisation non gouvernementale fondée en Grèce en 2024 et dirigée par des jeunes femmes. Notre mission est de favoriser l'autonomisation des communautés sous-représentées grâce à l'éducation, au storytelling et au plaidoyer.
Nous accordons une attention particulière aux femmes, aux jeunes réfugiés et migrants ainsi qu'à d'autres groupes marginalisés, en créant des opportunités d'accès à l'éducation, au développement de compétences et à la participation citoyenne. À travers des ateliers participatifs, des projets de narration numérique et des campagnes de sensibilisation, nous cherchons à faire entendre des voix encore trop peu présentes dans les espaces de décision.
L'un de nos principaux défis reste de réduire l'écart entre les engagements politiques en faveur de l'inclusion et leur mise en œuvre concrète. Les obstacles administratifs, juridiques ou linguistiques continuent de limiter l'accès à l'éducation et à l'emploi pour de nombreux jeunes réfugiés, en particulier les jeunes femmes.

Vous avez travaillé avec Photofilm for Change dans le cadre du Youth Action Lab. Qu'avez-vous retenu de cette collaboration ?
Cette expérience nous a confirmé que les partenariats internationaux entre organisations dirigées par des jeunes peuvent avoir un véritable impact lorsqu'ils reposent sur la confiance, l'égalité et l'apprentissage mutuel.
Avec Photofilm for Change, nous avons constaté que le storytelling, lorsqu'il s'appuie sur les expériences vécues des jeunes et s'inscrit dans une démarche de plaidoyer, peut devenir un puissant outil de transformation sociale.
À l'échelle locale, cette collaboration a permis de renforcer la visibilité des difficultés rencontrées par les jeunes réfugiés et migrants dans leur accès à l'éducation. Elle a également créé un dialogue plus étroit entre les jeunes, les organisations de la société civile et les institutions publiques, tout en contribuant à faire reconnaître les jeunes comme des interlocuteurs légitimes dans les espaces de décision.

Selon vous, comment les jeunes peuvent-ils influencer les politiques publiques en matière de migration et d'éducation ?
Nous sommes convaincus que les politiques publiques doivent être construites avec les personnes directement concernées. C'est pourquoi nous nous appuyons sur leurs expériences pour produire des recommandations concrètes.
Nous travaillons actuellement à l'élaboration d'une note de politique publique destinée aux ministères grecs de l'Asile et de la Migration ainsi que de l'Éducation. Ce travail repose sur une recherche documentaire, des questionnaires, des entretiens avec de jeunes réfugiés et migrants ainsi que des échanges avec des ONG et des acteurs de l'éducation.
Notre objectif est d'identifier les principaux obstacles à l'accès à l'enseignement supérieur et de proposer des solutions réalistes. En reconnaissant les jeunes réfugiés comme des experts de leur propre parcours, nous contribuons à construire des politiques publiques plus inclusives, plus efficaces et davantage ancrées dans les réalités du terrain.





